EVCAU

 

L'historique

Créé en 1995, le laboratoire EVCAU avait pour objectif d’élaborer une « maquette virtuelle de l’espace de conception architectural et urbain » supportée par les outils de modélisation et de représentation numérique. L’évolution rapide de l’offre technologique et la diffusion de l’utilisation des dispositifs numériques nous ont amenés à revoir cet objectif. Nos questionnements se sont à l'origine concentrés autour des transformations que suscite l’usage des outils numériques tant les cadres académiques et pédagogiques que dans les milieux professionnels de l'architecture et de l'urbanisme.

La diversité et la multiplicité de l’offre technologique et des usages imposaient de déterminer les modalités pertinentes de mise en œuvre des techniques numériques pour la conception et la production de connaissances architecturales et urbaines. Dans l’espace professionnel qui est notre champ d’analyse et de propositions, la production d’images, de restitutions et plus largement de simulations d’un futur projeté constituent, à toutes les étapes des démarches de communication implicites ou explicites. Notre champ d’analyse s’est centré sur le sens des signes et des images ce qui nous a alors amené à interroger les différents dispositifs numériques en tant qu’environnements de communication de connaissances. Il fallait donc interroger la circulation, l’agrégation et la nature des informations échangées pour mesurer le bouleversement des conditions d’exercice et de prises de décisions dans les milieux professionnels, et/ou académiques.

Nous avons, dès lors, fait l’hypothèse que les différents dispositifs numériques d’archivage et de modélisation peuvent être analysés comme des processus de communication et de circulation d’informations. C’est cette circulation et ces échanges qui sont porteurs de nouveaux sens et d’une nouvelle intelligibilité à travers l’étude de certains systèmes complexes. La pertinence de toute modélisation du monde perçu, des interventions qui restructurent des projets élaborés, des espaces ou les créent, des objets étudiés, sont donc à interroger. L’examen des contextes et des exercices professionnels, ou même disciplinaires, apporte le plus souvent, lorsqu’il est réalisé avec des démarches explicites et une attention ouverte à l’épistémologie, une nouvelle vision, de nouvelles connaissances, de nouveaux axes de compréhension et d’analyse. La ré­flexion sur les différents modèles - entendus comme tentatives d’intelligibilité de l’objet d’étude-, qu’ils soient construits a posteriori pour enrichir et donner sens à l’analyse de terrain, ou sinon par anticipation à l’intervention sur l‘espace dans les pratiques de conception, constitue un champ de partage et de complémentarité de nos approches quelles que soient leurs apparentes diversités. Cette évolution du laboratoire s’appuie sur les dynamiques et les apports des approches développées en termes d’humanités numériques.

Ces démarches ont suscité l’intérêt de nos collègues de disciplines différentes, ainsi que d’étudiants de l’ENSAPVS, et ont donc renforcé l’élargissement des problématiques et leur approfondissement.

Ainsi à partir de l’année 2013, le laboratoire, déjà pluridisciplinaire, est sollicité par de nombreux enseignants chercheurs de l’école. Cette diversité nouvelle le conduit à s’organiser en axes thématiques qui restent très complémentaires. Il est à noter qu’une proportion significative de membres intervient dans plusieurs de ces axes. Cela contribue à enrichir le laboratoire, autant par les nouvelles approches que par les apports antérieurs.  L’étude des outils numériques, loin de mener à un renfermement disciplinaire, permet la création d’un lieu d’échanges riche et continu à partir d’un socle méthodologique commun qui conjugue la construction d’objets multidisciplinaires, la multiplication de travaux de terrain, les liens avec les milieux professionnels et un investissement fort dans l’enseignement.

En 2015 l’action conjointe de l’UFR GHES « Géographie, Histoire, Économie et Sociétés », de l‘Equipe d’Accueil ICT « Identités-Cultures-Territoires » de l’université Paris Diderot et du laboratoire EVCAU conduit l’Ecole Doctorale 382 a permis de créer une nouvelle formation doctorale « Architecture, Ville, Paysage et Patrimoine ». Les nouveaux doctorants du laboratoire EVCAU y sont en général inscrits. Cette création s’est accompagnée cette année-là de la mise en place d’un séminaire de recherche propre au laboratoire, ouvert aux enseignants et étudiants de l’ENSAPVS.

Le laboratoire s’inscrit pour l’avenir dans la dynamique de l’école d’architecture Paris-Val-de-Seine. À travers les nouveaux questionnements de ses axes programmatiques qui croisent les modèles à l’œuvre dans les équilibres et déséquilibres écologiques de la planète avec les environnements du numérique, la prise en compte des modèles architecturaux et urbains ainsi que les études sur les fragilités des milieux habités, le laboratoire fournira une partie de l’encadrement et du soubassement de recherche de ce master.

L’EVCAU a son siège et dispose de locaux dans ceux de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Val de Seine (ENSAPVS). 

Les axes de recherche

 

Les travaux de l’équipe partagent un socle commun en ce qui concerne les démarches de recherche et les outils, mais les thématiques couvrent un très large éventail de sujets. Ainsi les recherches du laboratoire EVCAU s'organisent autour de 3 axes thématisés et leurs problématiques de recherche. Ces axes s'articulent de manière non exclusive, interdisciplinaire et dialectique :

Architecture Numérique et Systemic Design

  •   Architecture et Numérique

  •  Systemic Design et écologies projectives

Modèles,Temporalités et Projets

  •  Temporalités

  •   Projets Urbains

  •  Patrimoine

Architecture et vulnérabilités

  • Santé

  • Care

  • Risques humains et environnementaux.


Architecture, numérique et systemic design

 

Très structuré par les enjeux et recours aux technologies numériques cet axe thématisé s’organise en  2 grandes problématiques de recherche interdépendantes.

Au sein de «Architecture et Numérique» nous travaillons sur la nature et le devenir des technologies numériques dans leurs relations avec les différents aspects de la conception et de ses processus.

 

La singularité de la recherche en architecture nécessite une approche opératoire qui assure la mise en tension de l' observation et de l'action :

nous interrogeons l’histoire de ces technologies, leurs évolutions et les manières dont elles transforment nos domaines d’activités. Il s'agit aussi de promouvoir l'expérimentation comme méthode d'exploration.

 

Notamment :

-observation, analyse et mise au jour des méthodes sous-jacentes, explicites ou implicites qui structurent leur emploi, que ce soit dans le cadre d'activité de restitution patrimoniale, que ce soit dans celui d'un conception.

-clarification des outils scientifiques employés.

-exploration des dispositifs dans le champ de la conception à la fabrication.

-observation des transformations perceptives et cognitives dans les processus de conception.

-analyse des mutations engendrées dans les pratiques sociales par l'introduction d'outils numériques dans le contexte urbain (par exemple le développement des communs numériques) ou dans celui de l'édifice (en relation avec la question des ambiances).

-relation avec les mondes de la production (industrie, design...)

-travail sur les liens à instaurer entre la recherche, l'expérimentation, et l'enseignement.

 

Une veille technologique est ici associée à une analyse critique des différentes formes d'application et d'implication des technologies du numérique.

 

Le séminaire doctoral Architecture et Culture Numérique complète le programme de recherche, à l'adresse des doctorants et des personnes extérieures. Il approfondit depuis la deuxième année (2018/2019) le sujet des Données et de leur rôle dans l'activité d'architecte aujourd'hui.


La seconde, « Systemic Design et écologies projectives » s’intéresse aux méthodes et théories en provenance :

–     des sciences du vivant : la morphogenèse, les modèles écologiques, le bio-mimétisme),

–     des sciences de l'information et de la communication (la cybernétique, le big-data, la robotique),

–     des sciences de la complexité : démarches systémiques, écologie profonde (écosophie), systèmes de décision

sont autant de champs du savoir que cette problématique  mobilise afin de définir ses objets d’observation pour élaborer ses modèles d'analyse et de prospective. Les connaissances et problématiques extraites de ces domaines sont replacées, selon une approche holistique, dans le champ des sciences de la conception architecturale puis déclinées en termes de recherches expérimentales (projétation globale instrumentée). Les modes génératifs, les organisations paramétrées, les systèmes auto-organisés en provenance du biologique ou du numérique sont testés à partir d'observations scientifiques. Ces démarches innovantes sont élaborées et testées dans des cadres expérimentaux. Elles s'appliquent aux domaines de la conception des organisations construites, urbaines, rurales, plus largement territoriales et sociales.

Modèles, temporalités et projets

 

Cet axe thématisé fédère des problématiques et outils méthodologiques  à la fois différents et complémentaires qui portent sur la fabrication, la transmission, l’assimilation  / réappropriation / rejet de modèles et de paradigmes dans les champs de l’architecture, des villes et des territoires ainsi que celle du cultural heritage.

Les recherches rassemblées au sein de cet axe exploitent des concepts et démarches communs. Il est tout d’abord question de migration et de circulation des modèles, à considérer sur le plan temporel, mais aussi dans la dimension spatiale. Dans cette perspective, la notion de transferts se situe parmi les instruments de travail partagés par les chercheurs dont les travaux s’inscrivent dans cet axe. Cette notion permet de conjuguer la dimension de l’histoire avec celle des géographies et des territoires, à la fois physiques et sociétaux. Les chercheurs impliqués dans cet axe se saisissent également de la notion de transformation, qui permet de situer le terrain opérationnel du projet architectural et urbain par rapport à l’enquête sociale et historique. Analyser et comprendre les migrations et les circulations des modèles et, au travers de ce prisme, l’évolution de la conception architecturale et les transformations des villes et des territoires, implique une attention constamment portée aux multiples acteurs et à leurs positionnements, parfois même dichotomiques, entre théorie et pratique. La notion même de modèle est par ailleurs mise en question : elle est abordée par des interprétations non univoques, à travers les différents registres d’analyse de l’architecte, de l’urbaniste, de l’historien, du sociologue. 

Architecture et vulnérabilités

 

L’axe thématisé “Architecture et vulnérabilités” s’interroge sur les multiples relations entre l’architecture, la ville, le paysage, l’environnement et leurs qualités thérapeutiques. Il veut fournir une vue d'ensemble des théories et des pratiques de l'architecture en encourageant l'élaboration de méthodes appliquées à la question de la santé, de l’hospitalité, des vulnérabilités. Cet axe s’interroge sur la notion de fonctionnalité confrontée à l’usage des espaces et aux difficultés que connaissent les personnes fragilisées. Il s’inscrit dans un questionnement large qu’interroge la relation entre le savoir pratique, le savoir théorique et leurs représentations. Portant sur la réduction des vulnérabilités il assume le caractère polysémique et inclusif de cette notion qui et à la foi une réalité et une potentialité. Cet axe vise à croiser la notion de vulnérabilité avec les questions architecturales, urbaines et environnementales. Son projet est de penser les vulnérabilités et leur réduction dans l'espace et de l’espace. Il s'articule de facto à la réduction des risques pour les humains et pour leurs milieux.

Il est à noter que les recherches autour du numérique concernent deux aspects majeurs : 

 - Premièrement, le développement et la modernisation des systèmes d’information hospitaliers (SIH). Il s’agit d’un enjeu structurant qui a pour objectif l’amélioration de l’organisation et de l’offre de soins dans une logique de parcours, au service d’une meilleure prise en charge des patients;


 - Deuxièmement, la conception et la mise en œuvre de l’hôpital dit numérique. Les recherches à développer concernent les modes de fonctionnement qui s'appuient sur l’interaction des technologies de l'information, de la communication, de l’immotique et de la robotique.

Textes et rapports

 

LABORATOIRE  EVCAU

ENSAPVS

3/15, quai Panhard et Levassor

75013 Paris

01 72 69 63 71

evcau@evcau.archi.fr

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